🌺 Vivre en Polynésie avec un enfant : rêve ou réalité ?

« Alors ? La Polynésie française pour vivre en famille, c’est top ? »

C’est la question que me posent souvent mes amis restés en Métropole. Encore récemment, une amie rencontrée au Vanuatu me l’a demandée. Après avoir vécu sur une île du Pacifique, on a vite tendance à comparer, ou à vouloir se projeter.

Et à cette question, j’ai toujours du mal à répondre. Je ne peux pas dire « non », car ce ne serait pas vrai. Mais un simple « oui » ne serait pas non plus satisfaisant.

Je miserais plutôt sur un « oui, mais… pas trop tôt ». Je m’explique.

Un soutien unique: les Maisons de l’enfance

D’abord, quelques avantages.

Un vrai coup de cœur de la vie polynésienne, que j’aimerais souligner ici : l’existence des Maisons de l’enfance. Ces lieux, répartis dans six communes (Faa’a, Punaauia, Taiarapu Est, Taravao, Uturoa, Raiatea, Nuku Hiva…), accueillent les enfants de 0 à 5 ans avec leurs parents ou un adulte familier.

Comment ça fonctionne : c’est gratuit, sans inscription, et ouvert en semaine. Il suffit que l’un des parents ou un proche accompagne l’enfant. Une organisation idéale pour les mamans non travailleuses, qui peuvent ainsi sortir de chez elles, rencontrer d’autres parents, participer à ateliers d’éveil, concerts, contes, café‑parents, et consulter des spécialistes (sages-femmes, nutritionnistes, éducatrices…).

Ces Maisons sont ouvertes tous les jours de la semaine, y compris pendant les vacances scolaires, et favorisent largement la socialisation, l’autonomie et le bien-être des familles .
Un sacré plus pour les mamans et les papas qui restent à la maison : un espace pensé pour occuper les enfants, mais aussi pour échanger, se faire conseiller, et souffler un peu.

En revanche, ces endroits ne sont pas ouverts les week-end. Et c’est là où les choses se compliquent.

Se déplacer à Tahiti avec un tout-petit : pas évident

Quand nous sommes arrivés à Tahiti, notre fille Gaïa avait 17 mois. Elle marchait déjà bien, mais nous avions quand même sa poussette.

Verdict : je ne l’ai utilisée qu’une seule fois.

Ici, elle marche ou on la porte sur les épaules. Ce n’est pas qu’un choix (qui nous convient d’ailleurs- la vision d’un enfant de 3 ans cloué dans une poussette me terrifie) : se déplacer autrement est compliqué. Les trottoirs sont quasi inexistants ou impraticables (trop hauts, mal entretenus). Les routes sont souvent en mauvais état.

Résultat : on fait tout en voiture, et la poussette devient inutile, voire encombrante.

Adieu les balades à vélo

À Papeete et alentours, les pistes cyclables sont quasiment absentes. Quand je repense à nos balades à vélo en Europe, j’ai un petit pincement au cœur. Gaïa adorait ça… D’ailleurs, c’est ainsi qu’un des papas s’est projeté dans ses futures vacances sur l’un des atolls polynésiens : « On pourra laisser la voiture et ne se déplacer qu’à vélo. Génial ! » C’est dire…

Le mythe de la plage au quotidien

L’image d’une vie de famille au bord de l’eau nous faisait rêver. En quittant Boulogne-sur-Mer, où la Manche ne donne pas franchement envie de piquer une tête (six ans sans baignade !), on s’est dit qu’ici, ce serait l’idéal. Et bonne surprise : Gaïa n’avait pas peur de l’eau. En tout cas, pas dans les lacs européens qu’on a découverts pendant notre road trip en van.

Mais… c’était avant les vagues polynésiennes 😉.

Un jour, une vague a emporté ses jouets et fait tomber sa mamie. Depuis, le mot polonais fala (vague) est resté ancré pour toujours.

On sélectionne désormais les plages avec soin : pas trop de vagues, accès facile, eau peu profonde – autrement dit, des plages vraiment adaptées aux tout-petits. La plus proche est à 25 minutes de route de chez nous. Et, sans surprise, on y croise toujours les mêmes familles le week-end.

Mais bon, le cadre est magnifique, et Gaïa devient de plus en plus à l’aise dans l’eau. Et c’est ce qui compte!

Quand il pleut… on fait quoi ?

Quand il pleut, qu’il fait un peu frais, ou qu’on est simplement lassés de la plage… comment occuper un enfant de deux ans ?

Tahiti compte une seule salle de jeux indoor : La Cabane Magique. Elle a certes un peu vieilli, mais elle porte bien son nom : toboggan, piscine à balles, parcours variés, climatisation.

C’est parfait pour les enfants de 1 à 10 ans… mais les places sont limitées à 8 enfants, pour 2 heures maximum, au prix de 2 500 francs (environ 21 €).

Et oui, c’est la seule salle intérieure sur toute l’île.

Une nouvelle salle a bien annoncé son ouverture en juin. On était ravis. Joie de courte durée : elle sera réservée aux enfants à partir de 4 ans. (musique de la loose 🎶)

Foire, manèges… mais pas pour les tout-petits

Un papa de notre groupe de parents a lancé (groupe qui, d’ailleurs, s’agrandit à vue d’œil : nos playdates sont devenues notre système de secours collectif) : « Attendez, les forains arrivent bientôt à Papeete, on va pouvoir en profiter ! »

Bonne nouvelle : de fin mai à fin août, une grande foire a effectivement ouvert ses portes, avec plein de manèges pour les tout-petits. Mais nouvelle déception : horaires d’ouverture de 17h à 23h.

Parfait…certes, mais un peu moins pour des enfants qui, comme Gaïa, sont couchés à 19h.

Et les randos ?

On rêvait aussi de randonnées – comme celles qu’on faisait en Europe (enfin, surtout moi… mais Monsieur suivait 😉).

Mais ici, à part une ou deux balades familiales (on les a faites), les randos sont longues, pentues, techniques. Pas évident de faire 5 heures aller-retour avec 500 m de dénivelé, un enfant sur le dos, et un soleil de plomb. 

Et je ne parle même pas :

  • du manque d’aires de jeux vraiment adaptées (souvent fermées ou en travaux),
  • des cours de danse qui commencent à 3 ans,
  • des spectacles accessibles seulement dès 5 ans…

Je râle, dites-vous ? Assurément.

Mais croyez-moi : je ne suis pas la seule 😉.

Conclusion : Vivre à Tahiti avec un enfant ? Oui… mais pas trop tôt.

La Polynésie – Tahiti en particulier – est magnifique, généreuse, intense. On ne se prend pas la tête pour les vêtements, Gaïa marche partout pieds nus, les fruits et les noix de coco sont excellents, et les gens sont apaisés…

Mais pour une vie de famille épanouie avec un tout-petit… il faut s’adapter, beaucoup. Et parfois faire preuve de patience (et d’imagination). Je n’ose qu’imaginer toutes les possibilités incroyables à venir : sports nautiques (plongée, surf), les pièces de théâtre, ciné sous les étoiles, randos… Avec un enfant de 4 ou 5 ans, tout ça deviendra plus accessible.

Alors en attendant… on patiente. Et on profite autrement.

2 réponses à « La Polynésie, oui… mais pas à deux ans (spoiler : je râle un peu) »

  1. Avatar de SENSEVY SACHA
    SENSEVY SACHA

    Bonjour Darianna

    Tu devrais visiter le Raimbow parc si pas déjà fait, Passez une journée là-bas avec un enfant de bas âge et entre amis, c’est pas mal.

    En tout cas bon courage

    sacha

    J’aime

    1. Avatar de Darianna Myszka

      Merci beaucoup, tu as raison, on l’a pas encore fait!

      J’aime

Répondre à SENSEVY SACHA Annuler la réponse.

Je suis Darianna

Bienvenue dans un espace où je tisse des récits entre passé et présent, ici et ailleurs.
De mon quotidien à mes souvenirs d’autres horizons, j’écris sur les expériences qui marquent, les rencontres qui façonnent et les réflexions que suscite le monde qui m’entoure. Parfois léger, parfois plus profond, ce blog est un carnet de vie, un mélange d’anecdotes personnelles, d’observations et de pensées vagabondes.

Je suis franco-polonaise, expatriée depuis 2008, avec dans mes bagages une vie en France, en Espagne, en Jamaïque, au Vanuatu, et aujourd’hui à Tahiti. Journaliste de métier et de caractère, l’écriture a toujours été mon moyen naturel de capter le monde, de le questionner, de l’apprivoiser — ou simplement de m’en souvenir.

Contact